Le devoir de conseil de l’expert-comptable, une question de bon sens

expert-comptable assurant son devoir de conseil auprès de ses clients entreprises et particuliers

L’expert-comptable doit se tenir à ce que l’on appelle un “devoir d’information et de conseil”. Cité clairement dans le code de déontologie de l’expert-comptable, le cadre de cette mission reste toutefois très flou.

Ainsi, il est important de savoir que le devoir de conseil différe des missions de consulting. En effet, le devoir de conseil a ses limites. Un expert-comptable n’est pas tenu de faire un rapport détaillé avec diagnostic et recommandations stratégiques. Le but du conseil est avant tout de donner au client les informations nécessaires pour une prise de décision éclairée. Il est question de partager son savoir pour rééquilibrer la relation. Ainsi, le devoir de conseil de l’expert-comptable contribue à la mise en place d’une relation de confiance. Son devoir d’information concerne des éléments d’ordre plus générique. Il se limite également au cadre de la mission pour laquelle le chef d’entreprise est entré en contact. Pour des besoins spécifiques ou sortants du cadre de la demande initiale, on entre ensuite dans le cadre d’une prestation de conseil, facturable à ce titre.

Les obligations de conseils de l’expert-comptable

Le devoir de conseil de l’expert-comptable couvre un large panel des besoins des chefs d’entreprises. Ainsi, il consiste dans un premier temps à l’informer sur ses obligations légales. En ce sens, le professionnel du chiffre doit adapter son conseil au secteur d’activité de son client, aux nouveaux dispositifs en vigueur, etc…

Dans la suite logique, il a également un devoir d’alerte. Cela signifie qu’il doit mettre en garde son client quand celui ci n’est pas en règle ou est à la limite de la légalité. En complément, il l’informe sur les risques qu’il encourt et les conséquences de ces manquements.

De même, le client n’étant pas un professionnel du chiffre, l’expert-comptable est tenu d’intervenir pour lui faire part des opportunités et solutions dans l’intérêt du client.

Bien qu’impliqué auprès du chef d’entreprise, un conseil en expertise comptable se doit de rester indépendant. Il a alors pour mission de conserver son recul. En cas de manquement, il est tenu de s’abstenir voire de suspendre sa mission.

A la lumière de ces informations, il est évident que la limite entre le conseil et la prestation complémentaire est mince. La confiance entre le client et l’expert-comptable est alors d’autant plus importante qu’il faut pouvoir ainsi poser les limites tout en maintenant une relation de qualité, au service d’un travail abouti.

Le conseil en comptabilité, un besoin des chefs d’entreprise

Avec le digital, les outils informatiques de comptabilité se sont développés. Perfectionnés, ils permettent désormais aux chefs d’entreprise une plus grande autonomie dans leur saisie comptable, et aux experts-comptables un gain de temps conséquent. Ainsi, les missions des professionnels du chiffre évoluent pour se tourner davantage vers du conseil. C’est d’ailleurs principalement ce que viennent chercher les chefs d’entreprises. L’offre et la demande se rencontrent et permettent une plus grande satisfaction du client. Dans ce contexte, la valeur ajoutée de l’expert-comptable n’est plus remise en doute. Au contraire, elle s’exprime dans toute son amplitude de champs de compétences.

En revanche, force est de constater le paradoxe qui existe encore aujourd’hui. En effet, si le rôle de l’expert-comptable se tourne vers le conseil, il reste difficile de facturer ces missions. Or, c’est pourtant là toute la valeur du travail de l’expert-comptable. Ainsi, faisant partie de l’offre de base, grâce ou à cause du fameux “devoir de conseil”, l’information est traditionnellement un élément inclus dans les missions comptables telles que la saisie comptable ou l’établissement des comptes annuels.

Prenant une part de plus en plus importante, le conseil se doit désormais de faire partie des prestations budgétisées. Et pour cause, un conseil approfondi implique un temps de travail conséquent. Loin de se limiter à la lecture des obligations légales, il devient de plus en plus expert. Secteur d’activité, structure juridique, opportunités… le conseil de l’expert comptable découle d’un diagnostic. Lequel n’est pas compris dans les prestations de conseil traditionnelles et pour cause, le travail n’est pas le même. Ainsi, si un expert-comptable est tenu à un devoir de conseil et déborde volontiers la plupart du temps, son expertise peut être autrement plus exploitée. En ce sens, il propose des prestations de conseils complémentaires, au service d’un pilotage stratégique pointu.

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